CONFÉRENCE SUR LA BISPIRITUALITÉ : COMPRENDRE, DÉCONSTRUIRE ET ÉCOUTER
13 Avr, 2026

 

Le mardi 7 avril dernier, le Comité des alliées et alliés de la diversité sexuelle et de genre LGBTQ2+ de l’APRFAE proposait une conférence portant sur la bispiritualité, les stéréotypes qui y sont associés et les enjeux d’acceptation. Animée par Xan Choquet, militant deux-esprits et membre de la Nation ilnu (Innu), cette activité a permis d’ouvrir un espace de réflexion riche et nécessaire.

D’entrée de jeu, le conférencier a invité les personnes participantes à réfléchir à leur propre compréhension de la bispiritualité, mettant en lumière la diversité des perceptions et, surtout, les zones nébuleuses qui persistent autour de cette réalité. Il a ensuite proposé des repères essentiels pour mieux saisir ce concept, en insistant sur le fait qu’il ne s’agit ni d’un synonyme des identités non binaires ou trans ni d’un phénomène nouveau ou marginal.

La bispiritualité a ainsi été présentée comme une réalité ancrée dans les traditions autochtones, à la croisée des dimensions spirituelles, culturelles, sociales et identitaires. Loin d’être uniforme, elle varie d’une nation à l’autre et renvoie à des rôles spécifiques, souvent empreints d’une grande importance au sein des communautés.

À travers un partage à la fois personnel et engagé, Xan Choquet a également abordé les impacts du colonialisme sur les personnes deux-esprits, notamment en ce qui a trait à l’effacement, à la stigmatisation et à la perte de repères culturels. Cette mise en contexte historique a permis de mieux comprendre les défis contemporains liés à la reconnaissance et à l’acceptation.

La question de l’appropriation culturelle a aussi été soulevée : la bispiritualité étant intrinsèquement liée aux cultures autochtones, elle ne peut être revendiquée en dehors de celles-ci. Ce rappel a suscité des échanges importants sur le respect, l’écoute et la responsabilité collective dans les démarches d’alliances.

En conclusion, cette conférence aura permis de démystifier plusieurs idées reçues, tout en invitant à une réflexion plus large sur nos façons d’aborder les réalités autochtones et les diversités de genre et de sexualité. Une activité qui rappelle l’importance de créer des espaces de dialogue empreints d’ouverture, de respect et d’humilité.